Salon du livre jeunesse : Croq’livres


L’amicale Laïque de Tréffiagat-Léchiagat a organisé du 29 au 03 avril 2016 son premier le salon du livre jeunesse, Croq’livres en partenariat avec les municipalités du Guilvinec, Plomeur, Léchiagat, et Tréffiagat, la bibliothèque de Tréffiagat, le centre loisirs Malamok du Guilvinec, le groupe scolaire public de léchiagat, l’école Jean Le Brun, les classes maternelles et bilingues Louis Courot à Plomeur, Lire et faire lire et la Ligue de l’enseignement.

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Un petit tour dans une classe de Plomeur

Rencontre avec Tristan Pichard, auteur de la série « John Doeuf »

Tristan Pichard, auteur de livres pour enfants, rencontre les CP et CE1 du groupe scolaire Louis Courot à Plomeur.

Armés de leurs feuilles de papier, les élèves s’empressent de questionner Tristan sur son métier. A 35 ans, Tristan a commencé à écrire pour les enfants. Avant, vendeur de livres, il a préféré être du côté de ceux qui font les livres. Il n’avait jamais imaginé faire ce métier avant de rencontrer des éditeurs qui l’ont convaincu de se lancer dans le métier. « J’écrivais déjà quand j’avais votre âge », dit-il aux enfants.

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C’est alors, qu’un petit bout demande à Tristan comment lui viennent ses idées ? En souriant il répond : « A table, tout à l’heure, j’ai eu une idée et je l’ai tout de suite inscrite sur mon carnet que j’ai toujours sur moi.»

Pourquoi John Doeuf est un raton laveur ? « Très bonne question ! » Tout d’abord l’idée de faire un livre policier leur est venu avec Christophe Boncens, l’illustrateur, car il n’existe pas de livre policier pour les moins de 8 ans. Christophe Boncens préfère dessiner les animaux. Au début, ils voulaient un chat avec les yeux jaunes, mais le chat c’était trop commun. Alors, ils sont allés à la bibliothèque pour regarder les animaux et ils ont trouvé le raton laveur. Du fait de son pelage noir et de son masque autour des yeux, cela faisait penser à un masque de justicier, un masque naturel. Ils ont tout simplement changé ses yeux noirs en jaune.

Tristan a écrit environ 24 livres. Tristan explique sa relation de travail avec l’illustrateur. Tout d’abord, Tristan donne le scénario à l’illustrateur. En plus de son texte, il fait un deuxième texte pour décrire l’image. « On ne voit donc que la moitié de mon travail ». Christophe commence donc à dessiner au crayon gris et ensemble, ils apportent des corrections, autant dans le dessin que dans le texte. C’est un vrai travail d’équipe, une situation qui reste exceptionnelle. « Une fois que tout est bon, on passe à la couleur. ».

De même il explique les différentes étapes de ses livres, qui ont un déroulement bien précis. Ainsi c’est par la page de résolution de l’énigme qu’il commence à écrire. L’auteur explique que les mêmes phrases sont répétées dans la série, parce qu’on « aime bien cette espèce de familiarité, un petit clin d’œil ».

Pour clôturer la rencontre, il propose un atelier dessin aux élèves, chacun doit dessiner John Doeuf avec soit un lapin content, soit un lapin triste ou avec un hibou dans un arbre. Place aux talents !

Une rencontre au salon « Croq’livres »

Ronan Badel, auteur et illustrateur, rencontre avec un groupe bénévoles de Lire et faire lire.

Après une matinée à découvrir et à échanger sur les publications de l’auteur, les bénévoles de Lire et faire lire ont enchaîné un chœur de lecteurs en guise d’accueil. Pour agrémenter l’échange, elles ont proposé des mots, des expressions, extraits des livres lus, et que Ronan Badel devait réattribuer. Un temps ludique très apprécié.

Ronan a publié plus d’une centaine de livres. Il rencontre beaucoup d’élèves pour échanger sur son travail, mais préfère ceux des classes de CP et plus, car les maternelles sont trop dans l’affect. « Parfois, ils sont déçus de voir l’illustrateur, ils pensaient qu’ils verraient le personnage, dit-il dans un éclat de rire, en primaire, l’échange est plus riche. »

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« Si, si j’adore ça » s’exprime-t-il quand nous lui demandons s’il aime l’écriture. «  Quand j’écris, je consacre beaucoup de temps à la réécriture, j’essaye de mettre un peu de sens dans tout cela . Quand j’écris, je mets énormément de mon enfance ». Ainsi, Ronan écrit en deux jours le scénario, et passe un an à le réécrire, ce fut le cas pour « Kiki et Rosalie », dont il est l’auteur et l’illustrateur. «  C’est de la sagesse ! «  commente une bénévole.

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Il a pour habitude de mener de front plusieurs écrit, un en début de semaine, un deuxième en milieu de semaine, un troisième en fin de semaine. « Je change d’univers car je m’ennuie super vite. J’ai besoin que les choses se fassent rapidement. Et, je me dis que s’il n’y a aucun livre qui correspond à ce que je voulais, cela signifie, pour moi, qu’il reste à venir, et c’est plutôt positif. Pour l’instant, je suis seulement entièrement fier d’un dessin, celui de « Kiki & Rosalie ». Dans « Petit sapiens », Ronan explique : « C’est 80 % autobiographique. J’ai écrit des anecdotes marrantes de mon enfance que j’ai voulu raccrocher au temps de la préhistoire. »

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Ronan publie 10 livres par an. « C’est beaucoup, c’est énorme » s’exclament quelques-unes des bénévoles. Mais Ronan explique qu’il dessine très vite. Ainsi pour la série « Emile », il a passé une semaine à la produire, alors que « Les Aventures Agricoles d’Harry l’Agriculteur », il a passé deux mois à le dessiner, quant à « Kiki et Rosalie », un livre personnel, ce dernier lui a pris quatre mois.

Quelques-uns de ses dessins sont faits sur ordinateur. Il explique : « A mon goût, on y perd la perfection, l’originalité du dessin, alors que sur le papier, le dessinateur se laisse emporter malgré lui. A chaque fois, j‘essaye de retrouver la spontanéité que javais dans mes croquis. »

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Il est 16h30, très joyeusement les bénévoles remercient Ronan pour son déplacement, et le partage de sa passion qu’il a su parfaitement communiquer. Très enjouées, elles s ’empressent de lui demander une dédicace pour certains livres présents au salon.

Un final en beauté

L’inauguration du salon « Croq’livres »

C’est la première année que le salon voit le jour, et c’est une franche réussite. Ils sont nombreux à être venus : tant les illustrateurs et auteurs, que les partenaires, les parents, les enfants et les habitants des communes voisines.

18H20, Claudie Roué, une des chevilles ouvrières du salon, rappelle la démarche du projet et remercie toutes les personnes qui y ont contribué. Annick Le Loch, députée, et Danielle Bourhis, Maire de Treffiagat, ont pris la parole pour souligner l’importance du livre, de la lecture dans l’éducation de tout être.

Un nouveau salon qui en cela tient bien son nom : croquer les livres à pleines dents.

Propos recueillis par COUE Hélène, service civique à la Ligue de l’enseignement du Finistère.

Crédit photo : COUE Hélène

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