Récapitulatif – Journée des Assistant.e.s Maternel.le.s du 1er décembre 2018


Le Quartz a accueilli samedi 1er décembre, la cinquième journée des assistant.e.s maternel.le.s de 8h30 à 13h00. Le thème de cette journée était centré, cette année, sur « le domicile comme lieu de travail ». Thématique intimement liée au métier d’assistant.e maternel.le et permettant de mettre en lumière les difficultés que l’on peut avoir à ne pouvoir différencier géographiquement son lieu de vie et de travail.


Aborder cet axe de réflexion est essentiel dans ce milieu, afin de maintenir un équilibre entre vie privée et professionnelle. Il demande une réelle capacité d’adaptation. Nous pouvons mentionner que ce thème est le cinquième et succède aux quatre précédentes éditions, à savoir :

  1. Regardez moi, j’avance en confiance (2017)
  2. Ensemble, bien-veillons sur les enfants (2016)
  3. Je m’attache à toi, tu t’attaches à moi (2015)
  4. Papas, Mamans, on pense à vous (2014)

  • Le programme de la journée a débuté avec, en premier lieu, une introduction par Karine Coz-Elleouet, adjointe au maire et en charge de la petite enfance. C’est ensuite Yannick Hervé, secrétaire général de la Ligue de l’enseignement, qui s’est chargé de la présentation de la journée et de ses différents moments. Puis, la parole fut laissée à Christine Froger, accompagnante à la parentalité, médiatrice familiale D.E., infirmière-puéricultrice et intervenante depuis cinq ans auprès des assistant.e.s maternel.le.s.

 

 

  • La matinée s’est divisée en deux parties principales, séparées par une pause-café. La première partie fut consacrée à trois témoignages lus par des assistantes maternelles qui furent, bien entendu, commentés par Christine Froger. En seconde partie, Christine Froger a pris la parole et a entamé un débat avec la salle pendant une petite heure, en fonction des thématiques soulevées pendant les témoignages ou questions posées par le public.

 

  • Ces témoignages ont donc été réalisés par des professionnelles travaillant à domicile, acceptant ainsi de mettre leur temps à contribution pour cette journée, s’exposant au jugement, en tentant de donner leur représentation de ce qu’elles vivent au quotidien en tant qu’assistantes maternelles. Voici donc une liste des thèmes abordés, commentés par Christine Froger :

 

 

 

 

 

 


 

 « Une place pour chacun » par Amandine Cam, assistante maternelle du quartier de Kerinou, pour qui l’espace à domicile s’est rapidement restreint. Elle nous explique que « mon rêve absolu c’est d’avoir un espace rien qu’à moi et mes petits avec une entrée spéciale pour les parents, non négociable ». Christine Froger revient sur ce témoignage en expliquant  que c’est un bon exemple de la manière dont peut se construire la posture professionnelle d’une assistante maternelle, conjointement aux transformations familiales qu’elle rencontre dans la continuité et le quotidien de sa vie de famille.

 

 

 

 

 

 

– « Etre professionnelle chez soi, comment je le pense ? » par Marion Noblet, assistante maternelle du quartier de Saint-Marc et présidente de l’association « les P’tits Bouts et Nous ». Marion nous explique que parfois son métier lui parait pesant et étouffant. Alors, pour trouver un équilibre, elle passe par le biais de son association qui lui permet d’exercer un rôle en dehors de chez elle. Elle nous dit « je trouve le réconfort auprès de mes collègues, au détour d’une promenade ». Christine Froger insiste sur le fait que cette « cape », qu’est le rôle d’assistant.e maternel.le,  n’est pas facile à « enfiler » au quotidien.

 

 

 

 

 

 

« Ce métier est un cadeau » par Muriel Wallez, assistante maternelle brestoise, pour qui la séparation de son rôle de mère et de professionnelle n’a pas été facile. Il n’était, pour elle, « pas question de confier mon fils à une étrangère, je vais l’accompagner, l’aider à grandir au quotidien ». Mais il a parfois été compliqué de concilier les obligations de ses deux casquettes. Ainsi, aujourd’hui, elle insiste sur la nécessité de « savoir être dans le questionnement permanent, accepter avec humilité et modestie que la certitude n’existe pas avec les enfants. Philosophie qui m’aide à relativiser et apaise bien des conflits ». Christine Froger confirme son propos en expliquant que « Muriel met le focus sur la difficulté de concilier l’accueil des enfants et le fait d’élever, de faire grandir le sien, dans le même temps, dans le même espace ».

 

« Une histoire de juste équilibre » par Emmanuelle Suel, assistante maternelle du quartier Saint-Marc et présidente de l’association AM Razmoquet. Pour elle, c’est un « entremêlement de vie » que d’exercer ce métier, avec son lot d’avantages, « Maman, tu sais ce qui est génial avec toi, c’est qu’on s’amuse toujours, même lorsque tu travailles ». Mais il faut aussi prendre en compte que « Parfois, on voit notre vie de famille défiler sous nos yeux sans y participer ». Christine Froger souligne d’ailleurs la justesse de cette phrase, « des mots très évocateurs », et rappelle par la même occasion, à quel point ce métier est exigeant.

 

 

 

 

 

 

« Ma maison bulle » par Claire Carquet, assistante maternelle du quartier de Saint-Pierre. Cette fois, c’est sur la place qui vient très vite à manquer que l’accent est mis. Claire vient d’ailleurs d’acheter une maison « spécialement pour son activité d’assistante maternelle ». Elle insiste aussi sur le besoin d’intimité pour elle et sa famille, rappelant que « la majorité des parents rentrent dans votre intimité et se permettent des choses qu’ils ne feraient pas chez eux ». Ainsi elle est fière de pouvoir dire  » je vais au travail tous les matins car je ne vis plus à mon travail ». Pour Christine Froger, Claire a su « préserver chaque espace intime, professionnel, privé, en aménageant l’espace au plus près des envies.. et des contraintes ».

« L’association comme espace ressource » par Gwenaëlle Lambert assistante maternelle dans le quartier de Lambézellec et présidente de l’association d’assistantes maternelles « O comme 3 pommes ». Dans ce dernier témoignage, Gwenaëlle évoque la liberté de gestion du temps, « Ce que j’aime dans mon métier, c’est de m’organiser comme je veux » mais aussi le côté humain de son métier, à tel point qu’il est parfois « difficile de séparer le professionnel du personnel » quand des « relations privilégiées » peuvent se créer. Mais dans toute cette agitation, dans cette « maison remplie d’enfants qui rient, jouent, pleurent […] cela ne m’empêche pas de me sentir seule ». C’est donc dans le milieu associatif qu’elle a pu combler ce vide, « j’y ai trouvé ce qui me manquait : des collègues ! » et elle conseille d’ailleurs cette solution à toutes et à tous. Christine Froger synthétise ce témoignage de la manière suivante : « Comme Marion, en s’investissant dans une association, Gwenaëlle a trouvé son équilibre. Exercer son métier à domicile, mais partager son expérience avec d’autres ».

En l’absence de dernière minute de la témoin Gwenaëlle LAMBERT, la lecture a été faite par une animatrice de relais.

 


 


  • A la fin de chacune des deux parties de la matinée, Christine Froger a pris la parole. L’intitulé de sa première intervention à 10h était « Métier, foyer, quel équilibre ? » et le titre de sa seconde intervention à 12h, « Métier, foyer, vers l’équilibre…« , montre l’avancement de la réflexion au fur et à mesure de la séance. Ces interventions ont permis l’ouverture d’un débat avec la salle, laissant le public interagir avec elle, apporter d’autres interrogations, réflexions, situations ou solutions, dans le but d’approfondir la thématique de cette journée. C’était également un moyen de donner un rôle actif aux personnes présentes et directement concernées par le sujet.

 

 

 

 

 

 

 

  • Un petit mot sur la pause qui a séparé la matinée, bien évidemment café, jus d’orange et petits gâteaux étaient fournis. Mais pendant ce moment propice à la détente et à la discussion, il était également possible d’acheter et de feuilleter de nombreux ouvrages jeunesse qui étaient exposés durant celle-ci.

 

  • Ce fut donc Yannick Hervé qui clôtura la session aux alentours de 13h avant de lancer un petit diaporama de mots croisés. En effet, « Le 27 septembre dernier, il a été proposé à des assistantes maternelles brestoises regroupées en associations de nous donner des mots en lien avec le mot « association ». Voici donc quelques photos du résultat qui fut présenté :

 

 

 

 

 

 

  • A l’unanimité de la centaine de questionnaires d’évaluations remplis par des participants, ,il est demandé de renouveler l’initiative en 2019 !

 

 

 

 

 

  • Nous remercions chaleureusement les six témoins, Amandine, Marion, Muriel, Emmanuelle, Claire et Gwenaëlle, pour nous avoir donné de leur temps, pour nous avoir présenté un petit fragment de leur quotidien d’assistante maternelle.

 

Plaquette recto-verso 1 er dec 2018  » Mon métier, mon foyer, quel équilibre ? « 

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