Mixité sex’prime : Mur d’image au lycée de l’Iroise et de Lesven


Mixité sex’prime : les élèves de secondes participent à l’animation Mur d’Images proposée par la Ligue de l’enseignement.


 


Chaque session dure deux heures et a pour objectif l’expression libre sur le thème des relations homme-femme. Les élèves sont invités, dans un cadre bienveillant, à exprimer leurs points de vue, à écouter ceux des autres, à les comprendre mais aussi à remettre en question les différents préjugés que nous véhiculons tous, plus ou moins consciemment.

 

  • Rien ne vaut une discussion cathartique pour repartir sur de meilleures bases, il n’est jamais bon d’enfouir sa peur de l’altérité. Marc Olivier pose les bases en expliquant que lui-même a des préjugés, une manière d’encourager les élèves à ne pas avoir honte de prendre la parole.

  • La séance commence alors par une introduction de ce qu’est la Ligue et des valeurs citoyennes de tolérance et d’acceptation de soi et de chacun qu’elle diffuse, avant de rentrer dans le sujet en demandant aux élèves ce qu’ils comprennent du mot « sexisme ». Les réponses varient mais se résument par « une discrimination inter-genre » ou bien encore « une hiérarchisation des sexes selon les domaines ».

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Le support de la discussion, est un photo-langage, composé de publicités, d’images, de photos trouvées de ci de là, de textes et d’assertions, entendus en intervention ou en dans la vie. Tout ceci mis ensemble sur un mur à pour but de faire ressortir le côté choquant du sexisme ordinaire qui se retrouve encore dans une grande partie des informations que nous absorbons chaque jour. Les élèves sont donc invités, dans un premier temps, à examiner le contenu du mur, et à exprimer un ou plusieurs avis, étonnement ou toute forme de réaction sur certains des éléments du mur pour ensuite lancer un petit débat avec les autres lycéens et l’intervenant.

 

 

  • Une fois le débat lancé, les sujets vont bon train, sexualité, contraception, sexisme dans de nombreux domaines, à l’école, au travail, dans la manière d’être, tout ce qui rentre dans le thème est pris en compte et discuté, le débat se veut le plus ouvert possible. Prenons quelques exemples, Morgane Ropars, de son côté profite de l’occasion pour organiser un petit débat debout (les élèves se déplacent d’un côté ou de l’autre de la salle pour signifier leur accord ou leur désaccord avec l’affirmation que Morgane énonce). On y retrouve des phrases comme « la contraception c’est plus pour les filles », les élèves affirment alors leur désaccord, « la sexualité c’est à deux donc on gère à deux », ce qui permet à Morgane de rappeler qu’en tout dix sept moyens de contraception existent. L’animatrice affirme également, « je peux parler de sexualité en toute circonstance », là c’est plus complexe, les avis sont moins tranchés, le débat s’oriente alors sur ce qu’est le fait de parler de sexualité (de pratique, de plaisir, de contraception, de relation) et ainsi des circonstances dans lesquelles les élèves se sentent en confiance pour évoquer tel ou tel aspect.

  • Avec Marc, le débat a pu abordé la discrimination à l’école et au travail, notamment grâce à l’image d’une pelleteuse et ce qu’évoque les métiers du bâtiments. Les métiers genrés tendent à disparaître en France, ainsi, même la profession de sous marinier commence, avec quelques difficultés inhérentes au contexte, à s’ouvrir à la gente féminine. Cependant, il faut encore remarquer qu’en moyenne un homme s’autorise à postuler à un poste dont il pense avoir 60% des prérequis. Une femme, quant à elle, ne postule que lorsqu’elle possède, en moyenne, 90% de ces mêmes attentes. A l’école, on retrouve des différences, notamment dans les matières sportives, avec les barèmes différenciés, ce qui serait totalement absurde s’ils étaient appliqués en mathématiques par exemple. Or, à terme ce n’est pas ce principe seul qu’il faudrait reprendre mais le système de notation complet, dans ce domaine c’est la progression par rapport aux capacités de départ qui importe.

  • De nombreuses publicités ont pu faire réagir les élèves. Nous pourrons prendre comme exemple celles de Yves Saint Laurent ou celle de Dolce Gabana montrant respectivement un homme nu parfaitement constitué selon les normes de notre époque et une femme semblant être dominé par cinq hommes On y retrouve aussi une affiche pour des champignons de Paris, montrant sans raison la bouche pulpeuse d’une femme. C’est donc la sexualisation constante de la publicité qui est montrée du doigt. En effet, il faut remarquer que nous avons peut être tous trop tendance à oublier que ce n’est pas une image fidèle de la réalité qui est montré dans la publicité. Il paraît important que chacun apprenne à ne pas se définir dans la comparaison constante à l’autre. C’est un travail de longue haleine, mais c’est en montrant que chacun ne désire pas la vie d’un autre que l’on pourra espérer faire changer le système de consommation actuel.

 

  • En ce qui concerne les phrases accrochées au mur, on retrouve des « Un mec ça doit être protecteur » ou bien encore « si elle a été agressée c’est qu’elle l’a cherchée », un gros sujet de débat, les élèves réagissent « non ce n’est pas vrai », « si tu as envie de t’habiller comme ça tu le fais », « non tu vas attirer », « les gars n’ont qu’à se tenir », « une tenue peut provoquer », « peu importe la tenue tu peux te faire violer ». Le sujet s’ouvre alors sur le respect des envies de chacun, du droit d’avoir le style que l’on souhaite, l’essentiel étant d’être en accord avec ce que l’on montre de soi et de savoir pourquoi on le fait.

 

  • Petit test mis en place dans chaque intervention mur d’images, une représentation du clitoris est montrée aux différentes classes, afin de savoir si la majorité d’entre les élèves est capable de le reconnaître, et c’est encore souvent approximatif. Exemple à l’appui, pour certains, « ça ressemble à un drone de Fortnite ». Il est important de rappeler que l’appareil génital de la femme n’a été que tardivement étudié, et la fonction du clitoris (procurer du plaisir) est encore trop peu revendiquée et expliquée.

  • Les hommes ne sont pas en reste, ils subissent eux aussi le sexisme, dans leur représentation de virilité, sans laquelle il paraîtrait qu’on ne peut les considérer comme de « vrais hommes ». Un jolie pub montrant un homme en pleine action sur une femme avec une photo de voiture sur la tête, on y retrouve alors le fait que le sexisme, c’est à double sens, l’homme uniquement motivé par le désir et la femme, rien d’autre qu’une manière de le combler. Ainsi, ce type de mentalité est un frein dans l’acceptation de soi, empêchant de nombreux maris d’évoquer le fait qu’ils sont des homme battus (plus d’une trentaine de décès d’hommes sur une moyenne de 150 décès par violence conjugale ) ou bien encore que leur sexualité n’est pas « conventionnelle ».

  • Pour finir sur une petite analyse d’une phrase d’un élève, « On ne peut plus parler sans vexer quelqu’un », qui a tout de suite animée le débat. Nous sommes tous aujourd’hui balancés entre politiquement correct, liberté d’expression, humour décalé ou propos outranciers voir injurieux. Cependant malgré des bases difficiles à mettre en place, c’est un débat important que nous nous devons de faire avancer en comprenant les positions de chacun pour ne pas faire stagner la réflexion. Car au final ce qui compte c’est la tolérance et la manière dont on observe, nous ne sommes au final le juge que de nos actions, c’est par nos actes que nous affirmons nos valeurs, et il sera toujours plus judicieux de travailler à être une bonne personne et donc un modèle plutôt que de s’évertuer à montrer pourquoi une autre n’en est pas un. Les mots ne changent le monde que lorsqu’ils prennent leur pleine mesure, c’est à dire en acte, et c’est ce qu’espère encourager la Ligue par ce type d’action.

 

 

 

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