Laetitia Rouxel, une dessinatrice engagée


Dans le cadre du projet La Mixité sex’prime, les élèves de 3ème de l’école Kerallan à Plouzané ont eu le grand plaisir de rencontrer Laëtitia Rouxel, illustratrice de la BD sur Nathalie Lemel, à paraître en 2017, à la Médiathèque de l’Europe, le jeudi 24 mars.
Son parcours

Les questions débutent et les élèves, armés de leur bloc-note, questionnent Laëtitia. Tout d’abord, parlons de son parcours. « J’ai fais un BAC Littéraire option art plastique. J’ai toujours dessiné autant que je m’en souvienne. Puis, j’ai enchaîné avec un BTS communication visuelle, et j’ai ensuite fais l’école des Beaux Arts à Angoulême, section bande-dessinée ». Les élèves s’empressent de lui demander si elle a d’autres projets de prévu et à cela, elle répond : « J’ai pleins d’idées que je garde secret pour l’instant ».

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L’émergence du projet

Bien, parlons du commencement. À l’époque, Laëtitia Rouxel était vendeuse de légumes sur le marché, et Roland Michon, auteur de la BD, était un de ses clients avec qui elle échangeait sur ses dessins. À l ‘époque, il était réalisateur de documentaires vidéos. Il voulait réaliser un documentaire vidéo sur Nathalie Lemel mais au final, il opte pour la BD.

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C’est à l’aide de documents divers et de cartes postales que débute la période de recherche. Mais les deux auteures n’imaginaient pas Nathalie Lemel de la même manière. Pour Laëtitia, Nathalie Lemel n’était pas du tout maternelle, et Roland, quant à lui, l’imaginait plutôt coquette. « On ne peut pas le savoir, s’exclame Laetita, il y a beaucoup de passages où on ne sait pas ce qui se passe ». Ce que l’on sait, en revanche, c’est que « Nathalie Lemel a eu 3 enfants, et qu’elle à fait passer sa vie militante avant sa vie familiale. C’est sans doute pour cela qu’elle a eu des problèmes familiaux. Son mari buvait beaucoup, elle ne passait pas assez de temps avec eux. »

Pourquoi une BD sur Nathalie Lemel ?

« Tout d’abord, c’est Roland qui me l’a proposé, puis le fait que je ne la connaissais pas et qu’elle ne soit pas si connue était super. C’est l’occasion de la mettre en avant ». « On la fait connaître et c’est quand même formidable ». À l ‘époque, il n’y avait pas que Nathalie Lemel qui était une femme très engagée, il y avait aussi Judith Devil par exemple.

« Être dessinatrice, c’est une passion mais c’est aussi un travail. C’est mes rencontres, mes ateliers de BD, mes lectures dessinées en direct qui me permettent de vivre à coté en plus des droits d’auteur ».

Élaboration de la BD

Sur quel logiciel faites-vous vos dessins ? Laetitia utilise GIMP un logiciel public pour ses dessins, « je dessine à plat et c’est reporté sur l’écran ». C’est à l’aide d’une palette graphique que Laëtitia colorie ses dessins. D’ailleurs, en regardant la BD, nous pouvons constater que cette dernière est divisée en trois périodes, qui ne sont pas traitées avec les mêmes codes couleurs.

Au tout début, quand Nathalie Lemel est en Bretagne c’est le bleu et l’orange qui dominent. Quand elle part à Paris, nous retrouvons principalement le noir et le rouge comme symbole de la commune. Puis enfin, la période de la Nouvelle-Calédonie, les couleurs éclatantes de l’île sont mises en avant.

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« Dans mes dessins, je reste fidèle a moi-même, même s’ils ont évolué. Parfois, je m’inspire d’autres points de vue de mes anciennes BD ». « J’ai envie de me réapproprié le scénario et le personnage » nous fait remarquer Laetitia.

Les BD historiques se font de plus en plus. Prévue pour mars 2017, la BD a pour but de toucher un public adulte et adolescent. Elle retrace les luttes sociales, l’engagement social, la Commune de Paris et le fait que Nathalie Lemel soit la première femme à adhérer à l’association des travailleurs. Mais on parle surtout de féminisme.

Quelle est la qualité que vous appréciez le plus chez Nathalie Lemel  ? « Je pense que c’est sa détermination et son intégrité, elle a pas cherché à se mettre en avant, elle était proche des ouvriers. Elle est toujours rester intègre, elle a même démissionné du journal où elle travaillait à l’époque car la politique se développait, et elle était pas assez proche des ouvriers ».

C’est sur ces belles paroles que Laëtitia Rouxel clôture l’heure d’échange qui était plus qu’enrichissante pour tout les membres présents : « Elle est peut être pas vrai, mais  Nathalie reste vraisemblable dans notre projet. »

Pour (re)découvrir le projet, nous vous invitons à lire nos précédents articles : L’engagement au féminin, Table Ronde avec des femmes politiques ou encore les photos prises lors de la représentation de la compagnie Derezo.

 Propos recueillis par BODIGER Pauline & COUE Hélène

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