PL Le Gouill – 1336 jours: La victoire des Fralib


  Vendredi 19 janvier, le Patronage Laïque Jean Le Gouill-Stade Quilbigonnais, en partenariat avec les Amis de l’Humanité, a organisé une projection débat du film documentaire 1336 jours Des hauts, débats mais debout, de Claude Hirsch, en présence de celui-ci.

Le Patronage Laïque Le Gouill organise des soirées de fond tous les 2 ou 3 ans dans une visée d’éducation populaire. La projection de 1336 jours fait suite à une rencontre avec les Fralib à la fête de l’Humanité. « C’est l’exemple d’une lutte qui a réussi », souligne Hubert Congard. Montrer un exemple de lutte ouvrière correspond à l’histoire des patronages laïques, « ça fait partie de notre ADN ». Ce soir-là, un public principalement militant, mais aussi quelques curieux.

La soirée commence par la projection du documentaire. En 2011, alors que Claude Hirsch a fini de filmer le début de la lutte des employés de Gémenos contre le groupe Unilever qui compte délocaliser l’activité de l’usine en Pologne, le combat prend un nouveau tournant lorsque le deuxième plan social d’Unilever est accepté en instance. Les employés décident d’occuper l’usine, une occupation qui n’est que la première pour les trois années suivantes. Les images déjà tournées deviennent Pot de thé/pot de fer (2011). Claude Hirsch, lui, reste sur place pour documenter cette nouvelle lutte.

Le film suit le combat des ouvriers pour ne pas voir fermer leur usine. Occupation de l’usine, opposition aux tentatives d’Unilever de déménager les machines, organisation de la solidarité entre eux et avec l’extérieur, communication médiatique et politique, les ouvriers emploient tous les moyens à leur portée pour maintenir leur lutte tandis que les plans sociaux et les actions en justice se succèdent.

Dès 2012, 78 ouvriers prennent la décision de reprendre l’entreprise en coopérative. Les locaux rachetés par la métropole marseillaise, les machines cédées par Unilever pour un euro symbolique, ils créent le projet de la SCOP-TI (Société Coopérative Ouvrière Provençale – Thé et Infusions). Au terme de 1336 jours de lutte, après la signature d’un protocole de fin de conflit avec Unilever, les ouvriers remportent la bataille.

La SCOP-Ti commercialise aujourd’hui ses propres thés et infusions : gammes 1336 et SCOP-TI, dans des hypermarchés et surtout aux ventes militantes, comme c’est la cas ce soir-là. A la recherche de produits bio et locaux, la coopérative s’est d’autant plus réinsérée dans le commerce régional.

 

Parmi les questions à la sortie du film, les questions sont diverses. Comment les ouvriers se sont-ils débrouillés financièrement durant l’occupation ? Y a-t-il un syndicat dans la nouvelle coopérative ? Le modèle est-il viable ? Est-il possible de reproduire une action pareille ou ont-ils bénéficié d’une chance exceptionnelle ? On s’accorde à dire que les circonstances (type d’entreprise, contexte politique…) ont été favorables aux ouvriers et ce serait de moins en moins possible, notamment au niveau légal. Toutefois, le public reste marqué par la dynamique solidaire du mouvement, l’union s’opposant à un esprit défaitiste.

Plusieurs autres documentaires ont été tournés à Gémenos :

 L’usine est à nous, Nicolas Joxe (Public Sénat)

L’Usine de Demain, Clara Teper (Aix-Marseilles Université)

Claude Hirsch prépare en ce moment un troisième film sur les Fralib, Les Coriaces sans les voraces qui raconte l’après de la lutte et la mise en place de la SCOP.

 

 

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