Retour sur la journée « Questions de jeunesse » du 31ème Festival Européen du Film Court de Brest


 

Cette année encore, le Festival Européen du Film Court de Brest a révélé un palmarès haut en couleurs. Et des couleurs, l’association Côte Ouest, organisatrice du Festival, n’a pas manqué non plus d’en offrir au jeune public. La journée « Questions de jeunesse », dédiée aux problématiques des adolescents a retenu notre attention en cette 31ème édition.

 

Au programme de la matinée, faire découvrir la sélection aux jeunes, et recueillir leurs premières impressions

La journée a débuté par la projection des 6 films choisis en partenariat avec le Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports et l’Union Française du Film pour l’Enfance et la Jeunesse de Bretagne. À son issue, un temps d’échanges était prévu en présence de Benoit Martin, réalisateur du film « La Convention de Genève ». Ce fût un moment privilégié pour les jeunes d’ouvrir le débat sur des sujets qui les concernent : réseaux sociaux, environnement, rapports à soi et à l’autre. Pour faciliter leur prise de parole face à un public nombreux, le Festival a lancé l’application mobile « Eqwall ». Leurs messages et leurs questions étaient rapportées directement sur le grand écran, beaucoup se sont prêtés au jeu !

Une sélection riche de sens et d’émotions

Gagarine (Fanny Liatard et Jérémy Trouilh. FR. 15’30. 2015)

Gagarine, à Romainville est un quartier bâti de tours, datant de 1963. Youri, un jeune résident se passionne pour les missions spatiales, comme le célèbre cosmonaute Youri Gagarine. Tourmenté par le sort du quartier qui doit être entièrement détruit, il s’entête à vouloir tout réparer dans son immeuble pour éviter que le projet immobilier ne se fasse. Mais ses voisins ne veulent pas de ses services. Il mettra alors au point un mécanisme, redonnant au quartier une poésie touchante et à élan d’espoir à Youri.

Jag följer dig (Jonatan Etzler. SE. 3’15. 2015)

Jag fölger dig, traduit par « Je te suis », se passe dans un tramway. Une jeune femme y rencontre son voisin. À l’entendre, elle se rend compte qu’il en connaît beaucoup sur sa vie privée. Un film poignant sur les risques liés aux réseaux sociaux.

La convention de Genève (Benoit Martin. FR. 15’. 2016)

Inspiré d’une histoire vécue par le réalisateur, ce film met en scène un conflit au sein d’un groupe de jeunes. Benoit Martin souhaitait démonter le mécanisme de la violence à travers l’image, les mots, et l’humour. Une vraie réussite. Et pourquoi ce titre ? « Car quand nous sommes adolescents, tout événement mineur devient majeur à nos yeux » (B. Martin).

Bus story (Jorge Yudice. ES. 10’22. 2016)

Bus story est l’histoire d’un couple en devenir sur un trajet quotidien. D’une très grande originalité, ce film d’école stimule nos sens jusqu’à se laisser transporter parmi les personnages.

Darfimbabwour (Ambroise Carminati. FR. 4’19. 2015)

Darfimbabwour est un pays imaginaire où la faim tue des milliers de gens. Le film est une parodie visant à dénoncer la banalisation médiatique des crises humanitaires. Sa réalisation est inspirée d’une bande dessinée de Gotlib (1974), et est de plein droit accessible sur YouTube (collectif « ET BIM »).

Tombés du nid (Loïc Espuche. FR. 4’19. 2015)

Film d’animation. Deux amis discutent sur un toit d’immeuble au sujet d’une fille, quand ils remarquent une canne entourée de ses canetons dans les broussailles. Tétanisée, la canne s’envole, laissant ses canetons derrière elle. Les jeunes se doivent de les rendre à leur mère. Leurs tentatives donnent peu à peu à leur discussion, une nouvelle teneur. Quand l’Environnement rencontre les sentiments, là aussi inspiré du vécu de L. Espuche.

Un support pédagogique comme finalité

L’après-midi, une cinquantaine de professionnels de l’éducation et un groupe de volontaires en service civique se sont mis au travail, pour construire le support pédagogique qui servira partout en France en 2017, aux utilisateurs de la sélection. À savoir les médiathèques, les centres socio-culturels, les établissements scolaires et des cinémas. Réaliser ce support, c’est se mettre d’accord en petits groupes puis en totalité, sur le thème de chaque film, sur leur caractéristique technique et sur la tranche d’âge idéale pour le visionnage. Une synthèse est ensuite réalisée puis alimentée de nouveau par des professionnels du cinéma. Quelques mois plus tard, le support est prêt à être diffusé.

Cela fait neuf ans que cette journée existe. Et Régis Leprêtre, Conseiller régional d’éducation populaire et de jeunesse, et animateur de la journée, y est très attaché. Il a témoigné sur l’importance de la mixité des groupes de travail et celle de la multiplicité des points de vue pour obtenir un document de qualité. Il a révélé l’envie d’une sélection « légère » par le jury 2016 dans le contexte mondial actuel. Il faut savoir que le Festival reçoit environ 1 800 films chaque année.

Pour la Ligue de l’Enseignement, la sélection de films proposée par le Festival du Film Court est un bel outil. Il permet une mise en débat sur des problématiques très actuelles. Problématiques qui ne sont pas toujours évidentes à voir ou à traiter avec des élèves. La projection donne un cadre, un contexte.

Le programme « Questions de jeunesse » 2016 sortira en DVD. Les droits d’auteurs interdisent de séparer la sélection pour tout visionnage. Il faut compter 85pour un format professionnel à usage multiple ; 50 pour les structures d’accueil publiques et un usage unique.

R. Leprêtre, Conseiller régional      d’éducation populaire et de jeunesse. (photo V.Philippe, 10/11/16)

R. Leprêtre, Conseiller régional
d’éducation populaire et de jeunesse.
(photo V.Philippe, 10/11/16)

Groupe restreint, constitué pour débattre au sujet du film « Tombé du nid » (photo V.Philippe, 10/11/16)

Groupe restreint, constitué pour débattre au sujet du film         « Tombé du nid » (photo V.Philippe, 10/11/16)

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